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WIFI or not WIFI ?

WIFI or not WIFI ?
Internet a considérablement modifié notre manière de voyager. Nous en faisons le constat depuis les presque deux mois que nous baroudons, tant les questions de connexions sont importantes. D’elles dépendent la mise en ligne des vidéos, la fréquence des articles sur le blog et les contacts sur place. Difficile de faire autrement, nous avons choisi cette forme de récit en direct, mais, le voyage s’installant, nous nous détachons de plus en plus volontiers de cette hyper connectivité et regrettons peut-être un peu ce temps où nous partions en voyage, sans donner d’autres nouvelles aux proches qu’une simple carte postale.

 

Gili
Car il est à présent possible de se connecter partout. Même sur les îles Gilli, petits ilôts au large de Lombok où nous entamons notre dernière semaine indonésienne. Il n’y a ni voiture, ni scooter, que des vélos et de petites calèches, mais chaque café arbore un écriteau WIFI pour les touristes – très nombreux, désireux de partager leurs plongées au milieu des tortues de mer et des poissons tropicaux. Nous nous accordons également ce plaisir avec Miles qui découvre, avec masque et tuba, des poissons « hallucinants » et aperçoit deux tortues nageant en surface.

 

Plongée

 

A Lombok, changement radical d’ambiance. L’île est beaucoup plus aride, les temples hindous font place à de nombreuses mosquées, l’extrême majorité de la population est musulmane, et les infrastructures touristiques sont moins omniprésentes qu’à Bali.

 

lombok1
Sur la plage quasi déserte de Kuta-Lombok, des enfants déambulent avec des bracelets qu’ils confectionnent pour vendre aux quelques touristes de passage.  Alors que nous sommes installés depuis quelques minutes, ils viennent nous rejoindre. Un match de football s’improvise avec Miles. Il n’est plus question de vendre des bracelets, mais on se parle en Messi, Ronaldo, Real Madrid et Barcelone et autres références du football mondial.

 

foot

 

Sur notre scooter, nous sillonnons des paysages vallonnés, parcourus de villages de paysans dont les enfants nous saluent en passant. Au détour d’un virage, nous découvrons des plages de sable fin aux décors spectaculaires que traversent tout juste un troupeau de vaches et leur berger.
L’authenticité de Lombok nous séduit, face à Bali saturée de tourisme. Tout juste regrettons-nous de ne pouvoir y rester plus longtemps.
Pour nos deux derniers jours, nous retournons à Denpasar, où Ayu et sa famille doivent nous recevoir. Car, si Internet a un mérite indéniable, c’est celui de mettre en contact des personnes qui pourraient ne jamais se rencontrer.
Nous avions contacté Ayu il y a plusieurs mois par l’intermédiaire du site Couchsurfing.org. Elle avait aussitôt manifesté beaucoup d’intérêt pour notre voyage et nous avions échangé des nouvelles régulières par mail.

 

ayou
Nous l’avions brièvement rencontrée lors de notre passage à UbudAyu travaille, puis, elle nous avait proposé de venir chez elle pour terminer notre séjour indonésien.
Nous arrivons dans un quartier populaire de Denpasar de nuit, à l’issue d’une longue journée de transport. Ayu nous accueille chez ses parents, elle-même vit avec son mari et ses deux enfants chez ses beaux-parents.

 

L’accueil qui nous est réservé est royal, les parents d’Ayu qui ne parlent pas un mot d’anglais, ont à cœur de nous ouvrir les portes de leur maison et de leur famille. Nous voilà donc en route le lendemain, à neuf dans la voiture familiale, vers le village d’origine du père. Une cérémonie a lieu au temple et Ayu veut nous y emmener. La route est superbe, les enfants donnent à manger à d’énormes poissons des biscuits dans les jardins d’un palais royal, Miles joue par mimétisme avec Putu, l’aîné.

 

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Arrivés au village, nous revêtons le costume traditionnel, essuyons quelques sourires amusés lors de notre entrée au temple et assistons à une cérémonie colorée dont Ayu nous commente les principales étapes.

 

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De retour à la maison familiale du village, une armée d’oncles et de tantes viennent nous saluer, se faire prendre en photo avec nous. Le père d’Ayu qui a chanté pendant la cérémonie s’installe et nous offre un chant sanskrit.

 

La nuit tombe et Ayu, tout en réserve, nous en dit un peu plus long sur sa vie, dans son excellent anglais qu’elle a appris seule dans les livres. Elle a vingt-quatre ans. Mariée à dix-sept, mère au même âge, elle a quitté l’école à seize ans pour travailler et cesser de demander de l’argent à ses parents. Aujourd’hui, elle cumule deux jobs. Un dans le marketing, l’autre, le week-end, pour le compte d’une fondation américaine qui oeuvre pour la scolarisation des enfants des zones rurales de Bali. Quand elle rentre d’Ubud à Denpasar (quarante-cinq minutes de trajet en scooter), elle suit des cours du soir pour obtenir les diplômes qui lui manquent. Elle voit très peu ses enfants, c’est l’affaire de six mois encore, nous dit-elle. Elle croit au kharma. Fais quelque chose de bien pour les autres et il t’arrivera quelque chose de bien. Nous lui souhaitons toutes ces choses, pour sa générosité et son incroyable force de caractère.

 

famille
Ayu, son mari et ses enfants nous accompagnent à l’aéroport le lendemain. C’est étrange, mais ces adieux sont troublants, nous nous connaissons à peine, nous ne nous reverrons peut-être pas, mais nous sommes émus par la sincérité d’Ayu lorsqu’elle nous demande de parler d’elle à Miles et de lui dire qu’il a une famille à Bali. Ces deux jours hors du temps sont ces instants précieux qui laisseront de ces quelques semaines indonésiennes une trace sans doute profonde.

3 Comments

  1. yolaine dit :

    Quelle magnifique aventure, merci de chercher le wifi pour nous en faire part à l’autre bout du monde!
    Biz de Bretagne!

  2. Bonjour,
    J’ai bien aimé votre récit. J’aime beaucoup Bali mais il est vrai que Lombok a un charme bien particulier. Plus orientée nature, elle abrite des plages bien plus belles que celles de Bali, un joyau : Le volcan Rinjani et des îlots de rêves : Les gilis. Ca fait 2 fois que j’y passe. Cet été, j’ai poursuivi plus à l’est, vers Flores et Komodo…d’autres îles, d’autres univers. L’Indonésie est un vaste archipel à découvrir ! (Ma vision de Bali et Lombok sur mon blog voyage)

  3. admin dit :

    Notre découverte tardive de Lombok nous a effectivement donné de revenir à la découverte des autres îles indonésiennes. Merci beaucoup de votre commentaire !