News

Valparaiso

Valparaiso

El niño que no juega no es niño, pero el hombre que no juega perdió, para siempre al niño que vivía en él y que le hará mucha falta.
Pablo Neruda

L’ombre du poète se projette sur Valparaiso depuis La Sebastiana, sa maison de lumière dont le salon s’ouvre sur la mer étincelante. Au-dessus, un ciel dépourvu de nuages. Au-dessous, la palette multicolore de la ville. Enchevêtrement de tôles, de rues sinueuses, maisons bigarrées, fresques gigantesques ou inscriptions délavées. L’invitation à la flânerie est permanente, on passe, puis on repasse en observant un détail qui, la première fois, nous avait échappé.

scrs8ohu

IMG_9328 IMG_9157_web IMG_9183_web
D’une descente d’ascenseur, on arrive à la basse-ville qui grouille de bus, de taxis, d’étals de rue. On se frôle, on piétine, on fatigue, mais il suffit de gravir une nouvelle côte ou de reprendre un téléphérique pour retrouver l’air de la poésie qui s’est posée sur la cité. A l’image d’une rue transformée en toboggan ou de tous ces chiens, des centaines, qui dorment placidement à l’ombre des immeubles.
Valparaiso ne se raconte pas, elle est faite pour que l’on s’y perde. Dédale d’escaliers, de ruelles découvrant des fresques multicolores, œuvres anonymes d’artistes qui prolongent le jeu dans le moindre recoin. Miles court et fait rouler une petite voiture le long des murs. Nous le suivons avec la même curiosité d’enfant.

IMG_9241_web enora01 IMG_9238_web IMG_9240_web
Le soir, les collines s’illuminent et des clameurs montent. Les notes trainantes d’un tango, la mélodie isolée d’une cornemuse, quelques accords de guitare. La ville reprend son souffle, celui de la nuit qui tombe, de ses habitants qui sortent et prennent possession des bars sombres du jour. Les visages des fresques, les monstres dessinés deviennent des fantômes qui veillent la cité.

nf3aseyw
Valparaiso, c’est aussi notre petite pension, tenue par Gilles, le Toulousain. Son accent chantant, dès le petit-déjeuner, pour nous suggérer le programme de la journée. « Ça va lui plaire au petit », répète-t-il sans cesse. Autour de la table du petit-déjeuner, on croise Yannick, le retraité breton qui passe six mois de l’année en Amérique latine. Un ami de Gilles, il revient presque tous les ans. Pauline, l’étudiante parisienne, venue étudier un semestre à l’Université catholique. On improvise un dîner de crêpes autour du réchaud de Yannick ; Miles joue avec Paul, le fils de Gilles, dans le patio. On échange les expériences de voyage, on affine le parcours des prochaines semaines. L’Amérique latine est un continent si grand qu’elle offre un infini de possibles. Et Valparaiso en est son port d’attache.

Nous avons fait le plein de beau, nous gonflons nos voiles vers le nord.

1 Comment