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That Luang style

That Luang style

Vientiane, la capitale laotienne, a des allures de ville de province. Relativement peu étendue, moins d’un million d’habitants. Pourtant, elle tranche radicalement avec ce que nous avons vu jusqu’ici du Laos. Immenses chantiers, centres commerciaux et berlines allemandes, on sent une cité en mutation. Le tout avec l’étonnante décontraction laotienne, celle qui nous accompagne depuis quelques semaines, et une touche de francophilie. Les bistrots et boulangeries sont nombreux et il n’est pas rare qu’on s’adresse à nous en français.

That Luang

 

That Luang

Nous arrivons tout juste pour le festival du Pha That Luang, temple bouddhiste, emblème national. Pour l’occasion, plusieurs centaines de moines viennent des quatre coins du Laos, mais aussi de Thaïlande et du Cambodge pour une cérémonie de trois jours.
Autour du stupa doré qui surplombe une colline, des dizaines de stands sont installés dans une sorte de foire géante où les vendeurs ambulants, mais aussi Pepsi, Samsung, Apple rivalisent de décibels pour faire passer leur message publicitaire. Des militaires armés jusqu’aux dents surveillent le tout d’un pas nonchalant. Vestiges anachroniques d’un des derniers régimes communistes qui assiste impuissant au déferlement consumériste de la mondialisation. Dans ce décor, les Laotiens sont nombreux à déambuler : des scènes hurlantes ont été dressées un peu partout sur l’esplanade. A la sortie de l’une d’entre elles, nous croisons par hasard les membres du groupe (Uluvus) que nous devons enregistrer le lendemain matin. Ils viennent de finir la balance pour le concert qu’ils donnent le soir même.

uluvus_stage
Nous suivons Jérémy, le Frenchie du groupe, chez lui pour échapper au vacarme. On y rencontre Noussone, sa femme, et leurs deux enfants. Ils vivent à Vientiane depuis quelques années, tous deux soucieux de retrouver leurs origines familiales et de les transmettre à leurs deux fils. La mère de Jérémy est d’origine laotienne. Noussone a vécu jusqu’à cinq ans dans un camp de réfugiés en Thailande avant de venir s’installer en France avec sa famille.
Jérémy nous raconte l’histoire originale du groupe Uluvus (à prononcer You love us), composé d’expatriés comme lui. A l’origine un groupe de reprises. Puis, un jour, Chris, le chanteur australien s’est essayé à l’écriture en lao. Le résultat est assez étonnant, et Uluvus jouit d’un petit succès au Laos. Les trajectoires des uns et des autres ont fait que le groupe s’est disloqué entre l’Australie, la Thaïlande et la Suisse. Mais pas de fin malheureuse à la Beatles, ils se retrouvent de temps en temps pour quelques dates. Comme ce soir, pour le festival du Pha That Luang.

 

That Luang
Nous retrouvons donc Jérémy sur scène. Entre-temps, la foule s’est densifiée devant la scène sponsorisée par Beer Lao, la principale marque de bière locale. Le public est très jeune, les filles arborent appareils dentaires et serre-têtes lumineux. Les garçons nous servent des bières tirées de pyramides de canettes. Miles, hissé sur les épaules de Fred, se prête à une séance photos devant les téléphones portable dernier cri des adolescents. On se trémousse sur une reprise par un groupe lao de Gangnma Style, on reprend en chœur les refrains d’Uluvus, le tout dans une ambiance, toujours assourdissante, généreusement alcoolisée de Beer Lao. Mais bon enfant.

Nous retrouvons les membres d’Uluvus au petit-déjeuner du lendemain matin. Les lunettes de soleil sont de rigueur, malgré le ciel couvert; la voix de Chris, encore un peu enrouée du concert de la veille. Au bord du Mékong, les garçons enfilent le t-shirt controversé apporté par Tom, le Britannique. Tim, l’autre Australien de la bande, porte la flûte traditionnelle, le khene, tandis que Chris s’assoit sur un scooter garé le long de la rive, complétant parfaitement le décor improbable de cet enregistrement (à écouter dans quelques jours sur www.deezer.com/app/alittlemusicworldtour).

uluvus

2 Comments

  1. Amical bonjour de Vannes où il fait de plus en plus froid !!
    Bravo pour vos photos fantastiques du festival du Pha That Luang, photos de nuit magiques ! Mille voeux pour la suite de votre periple.

  2. sophie dit :

    Merci pour ces photos et commentaires; Simon et ses amis s’étant sédentarisés on n’a plus « Dynamo » à lire le soir alors vos aventures et celle de Martin alimentent la fin de soirée avant de filer sous nos chaudes couettes au lit ! bisous.
    Sophie F