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Sweet Sucre

Sweet Sucre

Sucre, au sud de La Paz, nous offre un nouveau visage de la Bolivie. Loin de la frénésie de la circulation, des constructions inachevées en brique, les murs blanchis à la chaux, la succession d’églises coloniales en font une ville en complète opposition avec sa capitale. Vers cinq heures, les nombreuses écoles vident leurs flots d’élèves dans les rues et sur la Plaza de Armas. On découvre la jeunesse citadine, celle qui nous avait étrangement échappé à La Paz.

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Depuis la chambre d’hôtes d’Ebo et Tania, un couple germano-péruvien installé tout en haut de la ville, nous goûtons le calme de la cité. Miles joue avec Basti, leur fils ; nous observons depuis l’avancée de notre fenêtre l’immense orage qui s’abat sur Sucre. Ebo nous fait bénéficier de ses conseils en espagnol teintés d’un fort accent allemand.
Nous partons à la découverte des montagnes environnantes sur la route pavée des incas, en direction du cratère de Maragua, déformation géologique qui modèle le paysage de dégradés surprenants, sous l’ombre des nuages annonceurs d’un orage d’une rare violence.

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Le temps n’aura pas été de la partie lors de notre semaine à Sucre, nous obligeant à abréger la découverte de la ville et des environs pour fuir les averses.
Miles retrouve avec un plaisir intact les livres de l’Alliance Française. Point de ralliement de trois autres familles françaises qui se trouvent, par hasard, au même endroit. Arnaud, Vanessa et leur fille Louanne (3) (le tour du monde à 80cm) dont nous suivons presque le même parcours depuis notre départ en septembre. David, Camille, Lucile (9) et Félix (7) (Dacaluf) à bord de leur camion de pompier aménagé pour deux années de vie commune à travers l’Amérique du sud, puis l’Afrique. Tony, Véronique et Nao (4) (Dredanslpentu), partis il y a six mois en vélo pour une traversée du continent sud-américain. Nous nous retrouvons pour un apéritif improvisé à l’intérieur du camion garé dans une ruelle, les enfants disparaissent aussitôt dans le square voisin. Ils ont en commun l’empressement à se lier d’amitié, car ils savent ces moments trop rares et trop courts pour se permettre de perdre ne serait-ce qu’une minute de jeu. Nous repartons à minuit dans la nuit de Sucre, remplis de l’énergie communicative des voyageurs.

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Car, il faut déjà reprendre la route vers le sud. La montagne de Potosi, perchée à plus de 4000 mètres, domine la ville, au charme colonial suranné. Ville florissante du temps de la colonisation en raison de ses mines d’argent, la montagne n’a plus de minerais à revendre, dépouillée au fil des siècles. Les mineurs, continuent d’y risquer leur vie chaque jour. S’ils échappent aux effondrements à l’intérieur de la montagne, ils ne survivent généralement pas à la silicose qui les rattrape vers quarante ans. Dans le centre, de nombreuses agences arborent des photos de touristes habillés en mineurs. La ville a fait de la visite des mines une attraction touristique assez incontournable. L’argent, dit-on, part aux coopératives de mineurs. Les agences rivalisent d’éthique, selon leurs dires. Mais, nous préférons flâner dans la ville où résonnent les notes d’une fanfare et redouter de loin la montagne qui dirige la ville. Demain, nous repartons déjà, vers Uyuni et sa mer de sel, dernier temps fort de notre parcours bolivien.

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