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Over the rainbow

Over the rainbow

Sillonner l’île du sud, c’est comme dérouler une carte imaginaire sur laquelle ne comptent ni le nord ni le sud, ni le nombre de kilomètres parcourus, mais où l’on se laisse simplement guider par l’instinct du jour qui se lève, les lacets de bitume et la promesse de noms encore inconnus. Nous voyageons dans la beauté changeante, mais continue, des paysages, choisissant le bord d’une rivière ou d’un lac afin de poser notre camp du soir.

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La saison touristique bat son plein. On le remarque aux bus remplis de japonais qui se vident et se remplissent au rythme des clichés compulsifs aux différents View Points qui longent la route. Également au nombre de camping-cars que nous croisons, suscitant un jeu de voiture « Quelle société de location ? » que Miles remporte haut la main en criant la réponse dès qu’un van sort d’un virage.
Mais, les espaces sont tellement vastes que nous continuons de penser qu’ils nous appartiennent. Nous nous faisons l’impression de pionniers qui parcourent pour la première fois des territoires inexplorés. Comme depuis le haut du pic près de Queenstown, la Mecque des sports extrêmes, duquel nous nous élançons en parapente, sous les yeux de Miles.

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Il y a bien des tunnels de pluie qu’on voit apparaître au détour d’un col et qui nous cachent certaines merveilles qui ne resteront que des rêves de papier, comme le Fox Glacier ou la Golden Bay, plongés dans le brouillard. Il y a aussi les Sandflies, petits moucherons, qui, par leur nombre et l’intensité de leurs piqûres, finissent par faire passer les moustiques pour des enfants de chœur, nous obligeant à plusieurs reprises à nous retrancher dans notre cabine pour leur échapper.
On se gratte, beaucoup, longtemps, intensément, mais le paradis ne saurait être qualifié de tel sans quelques imperfections.
Surtout, notre enthousiasme ne pourrait pas être dissocié des rencontres qui jalonnent notre parcours de petits hasards et de poésie.
La gouaille joyeuse d’une famille de Corses que nous suivrons pendant deux jours le long du lac Wakatipu.

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Le goût de beurre salé des crêpes de Virginie et Sid, installés depuis quelques mois au bord de la route avec leur roulotte rouge.
La simplicité d’une soirée dans la famille franco-kiwi de Bruno et Debbie, et leurs enfants Louis, Margot et Hugo. Le contact nous avait été donné par Fred, le voyageur-musicien rencontré avant notre départ. Louis a mis ses plus beaux habits et nous attend dans la rue, un gigot d’agneau cuit depuis plusieurs heures au four. Bruno et Debbie ont voyagé, ils aiment recevoir et leur accueil, sur la seule foi d’une connaissance commune, nous étonne autant qu’il nous ravit. Après le dîner, nous regardons les séances d’entraînement de la descente aux Jeux Olympiques de Sotchi. Comme à la maison.
Over the rainbow
La chanson partagée avec Fred l’année dernière prend aujourd’hui tout son sens.


Comme ce parcours d’une quinzaine de kilomètres sur une voie en graviers vers la Gillespies Beach, entourés par une végétation luxuriante, sans savoir sur quoi aboutira le chemin.
La plage de galets est sauvage, ornée de souches aux formes mystérieuses ; le ressac est assourdissant et confirme notre sensation de bout du monde.
Sur le parking, au retour de la balade jusqu’au lagon, un homme s’accompagnant à la guitare.

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Nous l’écoutons, puis lui demandons s’il accepterait de nous chanter à nouveau sa chanson.
Mister Moon passe l’après-midi sur la plage en attendant un concert qu’il donne le soir dans la station de montagne voisine. Il appelle sa compagne, Grace, que nous avions aperçue avec sa robe rouge sur la plage. Tous deux improvisent un concert devant lequel s’installent les quelques voyageurs de passage.
En partant, ils nous remettent un CD et nous sourions devant son titre.
Songs for travelers.
Même au bout du monde, il n’y a pas de hasard.

 

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