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One night in Bangkok

One night in Bangkok

Nous retrouvons Bangkok après trois mois de pérégrinations en Asie du sud-est. La fascination est intacte, même après les quatorze heures de trajet depuis Siem Reap. Sortis des lacets d’autoroute, les buildings s’élancent, lumineux, dans la nuit, tandis que notre taxi se fraie un chemin à travers la ville encore grouillante. Il est pourtant près de dix heures du soir.

Notre QG pour la semaine sera l’appartement d’Agathe, l’institutrice qui nous accueille pour la semaine au Lycée français international de Bangkok. C’est elle qui nous avait contactés l’été dernier alors que nous cherchions des contacts dans les écoles. Nous nous étions brièvement parlé au téléphone et l’invitation avait été aussitôt lancée.
Nous sommes au cœur de Thong Lo, artère bouillonnante de la ville. Restaurants et cafés, cuisine de rue, occupent pratiquement tout l’espace. C’est ici que les expatriés et les Thaïs aiment sortir. Le soir, des voix pâteuses d’alcool s’élèvent au rythme des chansons karaoké, les voitures roulent au pas, prises dans les bouchons, un feu d’artifice jaillit derrière les gratte-ciels, au loin.

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En journée, on découvre les coulisses du clinquant de la veille. Le ballet des vendeurs de rue, les constructions chancelantes cachées par l’ombre des résidences de luxe et des centres commerciaux gigantesques où le luxe tapageur s’affiche sans complexe. Sous le métro rutilant, les bateaux collectifs remontent les canaux, chargés d’écoliers en uniforme et d’employés en costume cravate. Du linge sèche sur les balcons des maisons en bois qui longent le Khlong, elles-mêmes dominées par les buildings.

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La ville tentaculaire semble digérer tous les contrastes. L’ancien et le futur, le minuscule et le gigantesque. Tout le monde semble trouver sa place. C’est le royaume du plein emploi. Pour acheter un biscuit pour le goûter de Miles, il n’y a pas moins de trois personnes par qui transite notre commande : celui qui la note, celui qui l’encaisse et celui qui met le cookie dans le sac.
A vrai dire, rien ne laisse présager du blocus de la ville qui se prépare. Les élections législatives approchent ; les chemises jaunes réclament le départ du gouvernement depuis le vote il y a quelques mois d’une loi d’amnistie. Nous nous perdons un après-midi sur l’avenue où se regroupe le noyau dur du mouvement.

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Scène musicale en plein-air, soupe populaire gratuite, stands de produits dérivés à l’effigie de la Thaïlande et de son roi, figure vénérée du pays. On se croit plus dans les allées de la fête de l’Huma qu’au cœur d’un mouvement insurrectionnel. Malgré la chaleur, quelques Thaïs se déhanchent sur la musique d’une sorte de Bob Dylan thaïlandais, guitare folk et harmonica aux lèvres. Une femme aborde Miles en lui tendant une bouteille d’eau fraîche. Elle est arrivée il y a six jours, difficile de comprendre grand-chose de son anglais approximatif sinon « Government Very Bad! ». Finalement, nous prenons un peu de hauteur, depuis le temple de la Gold Mountain. Dans la lumière déclinante, Bangkok s’étend à perte de vue.

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Tous les jours, nous trouvons un îlot de calme au Lycée français International de Bangkok où nous retrouvons Agathe et sa classe de CM2. Ses élèves manifestent la même énergie et la même envie que les enfants de l’école Sophy au Cambodge. Les propositions fusent, les idées circulent. Nous avons peu de temps, mais l’enthousiasme nous porte pour écrire la chanson de Tao, la tortue thaïlandaise.

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Le dynamisme, la générosité, ils le partagent avec Agathe qui nous abreuve de conseils pour découvrir et apprécier le Bangkok qu’elle aime, loin des sentiers touristiques. On retrouve grâce à elle le plaisir de préparer un petit-déjeuner, de faire une lessive ou la vaisselle et de nager sous la lumière des buildings dans la piscine sur les toits de sa résidence. Un tel cadeau pour des voyageurs au long cours n’a pas de prix.

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