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L’autre bout du monde

L’autre bout du monde

Après quatre mois de voyage à travers l’Asie du sud-est, nous avions presqu’oublié que le sel d’un voyage autour du monde consistait dans ses ruptures. Celle imposée par notre arrivée en Nouvelle-Zélande nous l’a rappelé en à peine quarante-huit heures, le temps de se remettre du décalage horaire,  d’embarquer sur un vol vers l’île du sud, et de se retrouver en possession d’un camping-car de location qui nous accompagnera durant les trois prochaines semaines.
Déjà, nous avons dû réapprendre la pluie, celle qui tombe dru à notre arrivée sur Wellington. Le froid, pénétrant, dont nous avions oublié les sensations. Les prix occidentaux, également, lors d’une nuit d’hôtel improvisée.

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Nous devons surtout apprendre à vivre dans notre cabine de 5 m². On se frôle, on se cogne, on défait, on refait sans cesse. On range, en permanence, car le désordre est l’ennemi du manque d’espace. Nous expérimentons une nouvelle intimité : la promiscuité.  Nouvelles odeurs, nouveaux réflexes  à trouver, au risque que le ciel nous tombe sur la tête. Miles dort désormais au-dessus de nous.  On réfléchit sans cesse. Droite, gauche. A l’autre bout du monde, tout est inversé, les volants, les pommeaux de vitesse et même les clignotants.

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Mais face au souci de retrouver des marques dans le nouveau déséquilibre,  l’autre bout du monde offre l’infini de la liberté.
Celle de manger des fruits d’été, prunes, pêches, abricots, en plein mois de janvier.
Celle de choisir si l’on préfère dormir sur les rivages d’une baie, au bord d’un lac ou à l’abri d’une forêt.
Celle de passer en l’espace de quelques heures d’un paysage marin à des sommets enneigés.
Celle de regarder dans un ciel clair d’été un défilé d’étoiles filantes.
Celle pour Miles de pouvoir fêter ses six ans par une journée d’été, à jouer au rugby dans son maillot des All Blacks.
Le reste, la beauté, l’immensité, ne s’écrivent pas, ils se chantent.

On dit qu’il y fait toujours beau,
C’est là que migrent les oiseaux,
On dit ça, de l’autre bout du monde.
Emily Loizeau

Comme Dave qui continue de rocker dans son monde un peu à part. Nous l’avons rencontré dans la cuisine collective du camping où il réside à l’année. Il nous aborde en nous entendant parler français. Il nous parle de ses années sur le pavé parisien à reprendre les succès de Dylan et Cat Stevens. Alors que nous installons notre campement de nuit, il réapparaît, bière à la main, dans l’obscurité pour nous faire écouter son CD, hommage au quartier latin. Sa vie semble être à l’image de son récit, un peu décousue.

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Difficile de savoir s’il est effectivement l’auteur de centaines de chansons, comme il l’affirme, s’il est producteur de musique. Nous repensons à ce formidable documentaire Sugarman sur Sixto Rodriguez, chanteur boudé par le public américain, mais adulé, à son insu, du public sud-africain. « I’m the New Zealand Sugar Man », lance Dave au milieu de la nuit tombée. Il a visiblement eu vent de l’histoire depuis son camping et s’identifie parfaitement à l’image de chanteur de génie méconnu. On convient de se retrouver le lendemain pour l’enregistrer.
Rockin’ in the free world.

1 Comment

  1. Fred dit :

    Coucou family !
    Quel plaisir de vous suivre en images et de plus en Nouvelle-Zélande, terre de majestueux paysages. Je reconnais le camper-van, nous avions loué exactement le même avec mes parents ! Les même 5 m² et je dormais à l’étage :) Merci merci merci pour ces photos et récits.

    Après six mois de vadrouille sur ces terres, je dois avouer que je suis tombé amoureux de l’île sud, notamment la région des lacs autour du Mont-Cook. Se laisser immerger par la magie des montagnes associée aux couleurs bleu-vert turquoise des lacs ; cette région est tout simplement une merveille du monde, une explosion de contrastes, un remède, une drogue, un cadeau de Mère Nature.

    « Je vous souhaite tout le bonheur du monde » Sinsémilia