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Happy 6

Happy 6

A l’heure où il fallait réserver nos billets d’avion de manière définitive, nous avions, au milieu des dates et des destinations abstraites que nous leur associions, choisi de passer une semaine à Wellington et d’y trouver une école où placer notre intervention. La logique aurait voulu que nous choisissions Auckland, bien plus grande que la petite capitale kiwi, et véritable plaque-tournante de la Nouvelle-Zélande. Mais le charme d’un voyage n’est-il pas d’effectuer des choix échappant à la raison ? Le détour que nous nous sommes imposés, sans le savoir, nous a conduits vers l’une des étapes les plus douces de notre voyage.

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Sans doute, le temps y joue pour beaucoup. Windy Welli arbore un ciel estival – sans vent – celui qui décoiffe la vile le reste de l’année. Le ciel est limpide, les voiliers scintillent au loin sur le détroit de Cook, surplombé par les collines verdoyantes, chargées de maisonnettes victoriennes. Les tenues sont légères, malgré un fond d’air frais, et les habitants de Wellington investissent les docs aménagés en un parc géant doré par les rayons de soleil. Les familles en poussette se font dépasser par les cyclistes et les joggers. Devant le musée national, Te Papa, un attroupement assiste à un spectacle de rue. Sur un ponton en contrebas, de jeunes Maoris se sèchent après avoir sauté d’une poutre qui surplombe la mer de plusieurs mètres. Nous flânons en fin de journée dans Cuba Street où les musiciens de rue se donnent la réplique, à quelques mètres de distance.

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La ville appelle à la flânerie, les journées s’enchaînent au rythme des rencontres, nous faisant rapidement oublier la petite déception de ne pas avoir pu trouver d’école pour nous accueillir. Bien que planifiée depuis longtemps, notre dernière semaine en Nouvelle-Zélande tombe sur la semaine de la rentrée, après les longues vacances d’été. Difficile d’accueillir des intervenants quand il s’agit de trouver un nouveau rythme pour l’année. Mais, c’est sans compter sur le dynamisme de Nathalie Buckrell, la directrice de l’Alliance française, et Florence Coram directrice de la section maternelle de l’école Otari qui nous accueillera le temps d’une matinée. Faute de pouvoir trouver de structure pour nous recevoir, toutes deux se plient en quatre pour nous permettre de continuer notre voyage en chanson. Nous intervenons donc devant les élèves des classes bilingues de l’Alliance. Une heure pour condenser notre intervention, c’est quasiment impossible, mais, en rusant, nous finissons par enregistrer des chœurs sur une chanson écrite pour l’occasion.

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A l’école Otari, nous sommes accueillis par le proviseur, Clifford, qui nous mène à travers les trois sections de son école : la section classique, calée sur le système traditionnel kiwi, la section Montessori et la section maorie. Justement, une soixantaine d’enfants sortent de leurs classes pour chanter, accompagnés de leurs instits maories. Nous ne sommes pas autorisés à filmer, pas de photos non plus. En Nouvelle-Zélande, on ne plaisante pas avec le droit à l’image et les enfants. Mais, il suffit de fermer les yeux et d’écouter pour imaginer les pas chorégraphiés qu’effectuent les enfants devant nous.


Wellington nous ravit d’autant plus qu’elle respire par la musique. Musique de rue – nous ne l’avions pratiquement pas rencontrée en Asie. Au détour d’un couloir venté de la gare de Wellington, une voix nous interpelle. C’est la longue plainte d’un gospel. A la fin de la chanson, on parle à l’homme. Il est sans-abri, sa femme dort quelques mètres plus loin, au soleil. On lui explique notre voyage, on lui demande si on peut le filmer. Il opine et nous offre quelques minutes de grâce.

 

Nos rendez-vous avec les artistes pour notre projet Deezer « A Little Music World Tour » s’enchaînent. Miles Calder and the Rumours nous offrent une magnifique reprise des Stones dans le salon de Miles. Tour Eiffel au mur, ambiance décontractée, tandis que le brouillard se dépose sur le Mont Victoria.
 

Bella, la diva maorie, nous ouvre son salon face à la mer et un chant traditionnel.
 

Soul, folk, ou reprise décalée du titre chamallow du dernier Disney « Frozen » par Matt Mulholland, le roi des reprises sur Youtube. Par tous, musiciens établis ou en devenir, nous sommes accueillis avec une simplicité et une gentillesse propre aux Néo-Zélandais. Difficile de vivre de la musique, les plus chanceux enchaînent les kilomètres pour honorer des dates à travers le pays, les autres font des boulots alimentaires. Les plus audacieux, comme Matt justement, tentent la voie de l’Europe pour émerger. Nous le croisons à la veille de son déménagement pour Londres, l’appartement en cartons. Il n’a jamais mis un pied en Europe, mais il espère percer en tant que comédien de stand up.
 

L’Europe, eldorado des jeunes Kiwis en quête de nouveaux espaces de création. Croisant les jeunes Européens, en quête d’un eldorado néo-zélandais, munis du fameux « Working Holiday Visa ». Quelques semaines de travail en ville ou de cueillette en campagne pour s’accorder quelques mois de nature et d’espace sur les routes néo-zélandaises. Nous les avions croisés sur l’île du sud, sur le bitume et dans les campings. Nous vivons à présent avec eux, dans l’auberge de jeunesse à laquelle nous sommes installés. Allemands ou Français pour la plupart. Travaillant beaucoup, mal rétribués par rapport aux salaires néo-zélandais habituels, mais ayant, sans doute, le sentiment d’être, le temps d’une année, maîtres de leur parcours. Les définitions de liberté se croisent, se frôlent, sans vraiment se rencontrer. Nous continuons de travailler à la nôtre au milieu de l’auberge de voyageurs qui se croisent, se parlent le temps d’un repas, puis disparaissent. Un goût de libertad pour nos deux derniers jours chez Nathalie, la directrice de l’Alliance, qui nous accueille très généreusement avec sa famille. Moments doux sur la plage avant de reprendre la route. Vers le Chili.

1 Comment

  1. Bravo dit :

    Maman de Nathalie , soeur de Jean-Yves (ami de votre maman)
    heureuse d’avoir découvert votre voyage de Miles , et particulièrement de lire vos impressions sur Wellington m’ont vraiment ravie .
    Je vous souhaite une bonne continuation , et que d’autres heures riches de découvertes et rencontres viennent agrémenter votre voyage .