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El condor pasa

El condor pasa

Nous passons la frontière péruvienne au volant d’un étrange taxi collectif. La voiture est flambant neuve. Mais sa conductrice cale, dès la sortie du terminal des collectivos. La faute à une boîte de vitesse trop sensible, nous explique-t-elle. Quelques minutes plus tard, à cheval sur deux voies, dépassés par d’autres voitures excédées, nous commençons à douter de ses explications et tremblons jusqu’à notre arrivée à Tacna, côté péruvien. De nos remarques, elle n’en fera rien et continuera jusqu’à la fin à mettre sa conduite sur le compte de la circulation au Pérou.

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Il est vrai que le passage de frontière s’accompagne d’un fort contraste. Le sud désertique est désolé, la pauvreté affleure au travers des masures construites à même le sable ou dans les immenses faubourgs d’Arequipa, seconde ville du Pérou. Les consignes de sécurité qu’on nous assène depuis quelques jours, mêlées aux récits de voyageurs malheureux, nous poussent à une vigilance accrue. Est-ce un mythe ou une réalité ? L’Amérique latine joue de l’insécurité, corollaire de la pauvreté, plus palpable ici qu’au Chili. Le centre d’Arequipa offre toutefois une respiration aux voyageurs de passage. Depuis la terrasse de notre hôtel, nous observons les volcans qui entourent la ville.

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Juste au-dessous de nos regards, le somptueux monastère de Santa Catalina. Derrière ses murs blancs, se cache une ville dans la ville, doux mélange d’ocre et de cyan, dans lequel on imagine la vie repliée des dominicaines, filles de familles nobles espagnoles, dans le confort de leurs maisons de poupée. De la communauté subsistante, on ne devinera rien. Il reste une vingtaine de sœurs qui vivent cachées du public. Tout autour, des hôtels particuliers, d’autres monastères, qui, presque par miracle, ont échappé aux destructions des séismes et des volcans.

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D’Arequipa, nous continuons notre survol du Pérou, à la manière du condor. La Bolivie est notre véritable destination. A l’approche du lac Titicaca, les silhouettes empesées des femmes et de leurs jupons superposés, défilent devant les vitrines de notre restaurant. Avant-goût de culture andine auquel nous n’avons pas le temps de goûter. Il faudra revenir afin de se faire une idée plus nette.
Depuis Copacabana, côté bolivien, nous embarquons presqu’immédiatement pour l’île du soleil, Isla del Sol, perchée à près de 4 000 mètres d’altitude.

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Des gamins s’empressent de se saisir de nos bagages. Nous comprenons au pied de l’escalier des Incas pourquoi. A cette hauteur, chaque effort coûte. Nous peinons à suivre le rythme des enfants, chargés de nos sacs. A l’arrivée à notre hôtel, l’incroyable récompense. Un des plus beaux paysages de notre périple s’ouvrant sur le lac d’un bleu limpide. Au loin, derrière la rive, des sommets enneigés. En contrebas, les champs où des silhouettes de tableaux naïfs s’activent, au milieu des ânes et des alpagas. Au bord du chemin, des femmes vendent les pulls en laine d’alpaga aux randonneurs. Dans le jour tombant, Miles se mêle à des enfants qui jouent au ballon. Il faut souvent courir derrière car il dévale les pentes. Les enfants le font sans difficultés. Le jeu se poursuit dans un grand cache-cache. On retrouve le goût rare d’authenticité qui rend les voyages si beaux.

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De retour à Copacabana, nous nous séparons de Dominique, la mère de Fred, qui retourne à Santiago. Nous poursuivons notre route à travers les magnifiques paysages de vallées encaissées vers La Paz, l’étrange capitale bolivienne.

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Trépidante, bruyante, sale, pauvre, peu sûre, et pourtant fascinante, dès lors qu’on prend de la hauteur pour observer l’incroyable concentration humaine, à 3 800 mètres, au milieu des sommets enneigés qui la dominent.
Nous sommes au cœur de l’Amérique latine.

2 Comments

  1. françoise,gd-mère d'Anselme dit :

    Merci pour ce beau voyage grâce au blog ! je vous suis avec plaisir .Et aujourd’hui ,je retrouve Arequipa et son monastère.J’avais aimé me promener sur la place ,ne me sentant pas particulèrement en insécurité mais …

  2. admin dit :

    Bonjour, merci beaucoup de nous suivre, cela nous fait très plaisir ! Vous est-il arrivé quelque chose à Arequipa. La ville a mauvaise réputation. Il ne nous est rien arrivé, mais nous avons reçu certaines recommandations…