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Don’t worry…

Don’t worry…

Depuis Phnom Penh, nous rejoignons Pursat, à deux-cents kilomètres, où nous allons passer une semaine. Comme pour l’Inde, c’est l’association Partage  qui nous a ouvert les portes de l’organisation cambodgienne Bandos Komar. Nous sommes d’ailleurs accompagnés d’un couple de Vichy et de leurs amis, venus rendre visite à leur filleule, élève d’une des écoles soutenues.
Située dans une région frontalière de la Thaïlande, Pursat est une artère passante, articulée autour d’un marché et de la rivière qui a donné son nom à la ville. Une rapide promenade à notre arrivée, sous une chaleur écrasante, nous fournit un aperçu assez large de la ville. L’orage finit par éclater, nous échouons dans un restaurant karaoké où un homme assis nonchalamment face à un DVD projeté sur grand écran, égraine des chansons d’amour sirupeuses. Difficile de faire son choix sur le menu, composé, entre autres d’œufs de fourmi, de grenouilles grillées et de pénis de taureau, devant des serveuses médusées. Elles ne comprennent que quelques mots d’anglais. Soirée de vague-à-l’âme, ils sont suffisamment rares pour qu’on puisse de temps en temps se permettre de les citer. La semaine s’annonce morne.

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A vrai dire, les sorties de route et les incursions dans le quotidien ordinaire d’un pays ne sont-ils pas l’essence de notre voyage ? Chaque passage dans une école s’accompagne de son lot d’incertitudes, de cette nécessité à recomposer face à des contraintes à chaque fois différentes. A l’image de cette route que nous empruntons le lendemain. La piste de terre battue est détrempée par l’orage violent de la veille. Les camions embourbés bloquent le passage, obligeant le chauffeur du 4×4 à chercher d’autres chemins pour la contourner. Il nous faudra près d’une heure et demie pour parcourir les quinze kilomètres qui séparent la ville de l’école. De part et d’autre de la piste, des buffles paissant au milieu des rizières, des champs de canne à sucre et des nappes de nénuphar recouvrant les plans d’eau.

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A l’arrivée, quelques élèves réunis autour d’instruments traditionnels nous réservent un accueil musical tonitruant. Ils sont quinze en tout à composer notre groupe de travail. A l’extérieur de la salle, les autres enfants se pressent dans l’entrebâillure de la porte et l’encadrement des fenêtres. Ils nous dévisagent, s’amusent des jeux que nous faisons faire à leurs camarades.


Il y a peu de mots pour décrire la magie de cette semaine passée avec eux. Au point de nous faire oublier les après-midis un peu mornes à attendre le lendemain matin. Malgré la difficulté à communiquer : les enfants ne parlent que le khmer, rendant indispensable la présence d’un interprète, Sokha, un professeur d’anglais de Pursat, dont les traductions et les qualités de pédagogue faciliteront largement notre tâche. Sans savoir au début comment résoudre l’équation impossible de la langue en si peu de temps, nous sommes portés par l’enthousiasme des enfants, qui nous attendent dès huit heures et demie dans la salle de classe, revenant même un jeudi, jour sans école.

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Dessinant à même le sol, laissant libre cours à l’imagination et nous donnant ainsi les clés pour contourner les obstacles linguistiques. En fin de compte, nous écrivons un court conte dans lequel le lapin, héros traditionnel des contes cambodgiens, vient en aide à la colombe française et réciproquement. Les instruments traditionnels illustrent les différents moments de l’histoire, à la manière de « Pierre et le loup ». Un court refrain en khmer introduit le conte. Lors de l’enregistrement, Miles nous étonne en proposant spontanément de lire la traduction française des textes rédigés par les enfants. Un moyen pour lui de se lier à eux, dans sa quête de compagnie de son âge.


Nous terminons la semaine par une balle aux prisonniers au milieu de la cour, sous les regards envieux de tous les autres enfants qui ont quitté leurs salles de classe pour venir nous voir jouer. Le jeu finit dans les larmes pour Miles, persuadé que son équipe a été volée. Et réconforté par notre petit groupe sur le banc de la salle de classe où il est allé s’isoler.
Be happy.

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