Laos

Le Sud

Le Sud

S’agit-il d’un mauvais calcul de la durée des visas qui nous a incités, dès Luang Prabang, à demander la prolongation de nos visas de tourisme pour le Laos ? Ou bien d’une intuition ?
A la veille de notre départ et après un mois et demi passé ici, nous avons le sentiment d’avoir touché du doigt une beauté indicible, cachée, celle de la lenteur qui définit le pays. L’aurions-nous perçue, si nous avions parcouru les distances plus vite ?
Aurions-nous fait, une fois Vientiane quittée, le détour par les grottes de Kong Lor, au prix d’une journée de minibus, brinquebalés par des amortisseurs élastiques sur des lacets d’asphalte, pour parcourir les 200 kilomètres qui nous séparaient de notre Guest House de Takhek ?

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Nous n’aurions pas traversé les sept-mille mètres de souterrains en barque, éclairés par la torche des bateliers, et ce sentiment primitif d’humilité, au cœur de l’obscurité de la montagne, face à l’œuvre de millions d’années.
Aurions-nous fait halte à Savannaketh, afin de nous couper la route ? Ville où le temps semble s’être suspendu aux façades coloniales défraîchies. Les habitants de la ville nous offrent le spectacle dans la nuit tombante de leurs intérieurs ouverts sur la rue, tandis que le Mékong absorbe les dernières lumières du jour. De l’autre côté de la rive, la Thaïlande nargue de ses lumières, seules quelques ampoules éclairent les attardés sur notre rive du fleuve.

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Aurions-nous pris le temps des trajets en bus local ? Lieu social par excellence, où la carlingue déjà surchargée accueille sans broncher les nouveaux passagers, les sacs de riz, les vélos placés sur le toit. Toutes les places sont prises, mais qu’à cela ne tienne, les passagers se tendent des tabourets en plastique et s’assoient dans le couloir. Le bus s’ébranle, pour quelques kilomètres à peine, car il y a toujours une personne à prendre au bord de la route, un paquet à décharger, des ravitaillements en nourriture où des femmes se pressent le long des fenêtres en tendant des brochettes, du riz gluant ou des fleurs de pavot. Les victuailles passent par la fenêtre en échange d’un billet. On repart et on met à peu près cinq heures à parcourir 300 kilomètres.
Nous voici à Pakse, portail d’entrée du sud. Sans grand intérêt, sinon sa situation de point de départ vers les escapades des environs.

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Nous cherchons notre chemin, après être sortis précipitamment du bus qui chargeait une centaine de cartons sur le dernier rang des passagers. Une berline s’arrête et un homme, nous voyant chercher, nous demande où nous voulons aller, dans un parfait français. Il emploie à notre égard le terme un peu suranné de « compatriotes ». Il ne connaît pas l’adresse que nous cherchons, mais nous indique comment la trouver.
Deux jours plus tard, nous retrouvons l’homme à quarante kilomètres de là, dans les hauteurs du plateau des Boloven. C’est la personne à qui nous avons été adressés par un ami des parents de Peggy. Inpong est propriétaire d’une plantation de café située autour de belles cascades qui font des Boloven un des passages incontournables des circuits touristiques au Laos. Depuis son poste de commandement qui surplombe la rivière, Inpong divertit les compatriotes prêts à passer quelques heures avec lui, de ses anecdotes tirées d’un parcours que l’on reconstruit au fil de la conversation. Issu de l’aristocratie laotienne, Inpong étudie à Vientiane, puis au Vietnam avant de partir faire ses études en France où il restera plus de cinquante ans, en partie pour fuir la révolution qui a chassé la monarchie du pays au milieu des années soixante-dix. Il y a cinq ans, il revient au Laos, achète des champs de café. Il est à présent à la tête d’une petite entreprise où se succèdent le week-end les bus thaïlandais qui déversent leurs flots de touristes vers ceux des cascades.

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« D’origine laotienne, de nationalité française, citoyen du monde », déclame Inpong théâtralement devant son public conquis. Avec Miles, il parle glaces, une passion commune, et ensemble, ils se dévoilent leurs meilleures adresses laotiennes et bretonnes, car Inpong retourne tous les ans voir ses enfants en France.
Nous serions-nous accordé cet arrêt à Champasak, ancienne résidence monarchique, oubliée des guides touristiques ? Devant notre chambre, des hamacs posés au bord du Mékong sont une invitation à suivre le rythme ralenti des barques qui remontent le fleuve. Les journées se déroulent paisiblement au rythme des balades à vélo, sans autre but précis que celui de humer la sérénité qui se dégage des sourires croisés au hasard des chemins. Le soir, nous retrouvons les enfants sur la pelouse d’un wat pour des parties de foot passionnées.

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Tandis que nous passons nos derniers jours avant le passage de la frontière cambodgienne sur les 4000 îles, perdues au milieu des rapides du Mékong, c’est déjà une forme de nostalgie qui nous accompagne. Non pas parce que nous versons dans une vision naïve de carte postale : nous percevons la pauvreté, les disparités ente ville et campagne, l’accès inégal à l’éducation et aux soins, la corruption d’un régime communiste suranné, les appétits des voisins thaïlandais, chinois et vietnamiens qui voient dans leur petit voisin un diamant brut à dépiécer. Le tourisme, encore balbutiant dès qu’on sort des grands axes, est amené à se développer rapidement. Mais, ce que nous ressentons surtout, c’est une paix sociale durable, une sérénité, du plus démuni au plus aisé qui accueillent l’étranger de leur sourire et de leur « Sabaidee ».
Inpong, en nous quittant, commente son pays : « Les laotiens sont un peuple pacifique. Ici, c’est Lao Style ».

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On dirait le sud,
Le temps dure longtemps,
Et la vie sûrement
Plus d’un million d’années.
Et toujours en été.

Douce France

Douce France
Nous ne devions rester que quelques jours à Vientiane, mais une suite de rencontres nous amène rapidement à revoir nos prévisions. Grâce à Noussone, la femme de Jérémy, le guitariste d’Uluvus, nous faisons la rencontre de Mme Khamsoy à l’Institut Français. Toutes deux y enseignent le samedi. Mme Khamsoy est coordinatrice pédagogique de la section bilingue du Lycée de Vientiane, établissement de plus de trois mille élèves âgés de 10 à 17 ans, où les classes moyennes supérieures laotiennes envoient leurs enfants. Parmi eux, un peu plus de quatre cents élèves fréquentent les classes bilingues françaises. Mme Khamsoy, la soixantaine, nous explique dans son français irréprochable que la plupart des élèves préfèrent aujourd’hui apprendre l’anglais.

 

Miles Vientiane
Il faut bien admettre que les élèves de la classe C1-1 (10-11 ans) sont loin d’être bilingues. Ils restent souvent interdits devant nos questions ou nos explications et nous sommes obligés de recourir à l’interprétariat de Mme Khamsoy ou de ses collègues. Pour autant, l’enthousiasme des enfants, une fois qu’ils ont compris ce que nous attendons d’eux, est indiscutable. Ils se prêtent avec malice au jeu de la pâte à modeler magique, cherchent à entrer en contact avec Miles en le prenant en photo avec leurs téléphones portables.

 

En quatre jours et quatre séances d’une heure à peine, il faut cependant faire vite. Or, le modèle éducatif laotien s’avère redoutable dans l’art de la répétition. La balade de l’éléphant est apprise en l’espace d’une journée.

 

Balade de l'éléphant

 

Lors d’une dernière répétition menée au pas de charge, nous sommes prêts à monter sur scène. Car, le dernier jour de notre intervention coïncide avec les Jeux Interscolaires de la francophonie. Devant les officiels laotiens et français ainsi qu’une centaine d’élèves, il nous faut improviser un discours, puis chanter avec les élèves.

 

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Nous participons ensuite à la passion collective autour de la joute qui a lieu sur l’estrade. Venus de quatre provinces du Laos, les élèves des classes bilingues s’affrontent et doivent répondre à des questions de français et de culture générale. Alors que les candidats sèchent à la question : « Dans quelle ville se trouve le château de Chambord ? », Miles court pour donner la réponse. « Trop facile, commente-t-il, ils ne vivent pas en France, pour eux, c’est compliqué« . Peut-être oublie t-il que nous lui avons glissé la solution dans l’oreille.

 

 

Notre intervention au Lycée de Vientiane se terminant tous les matins à neuf heures, nous retrouvons aussitôt après le calme de l’Institut Français voisin. Havre de paix et centre névralgique de la communauté française de Vientiane, on y croise de nombreux Laotiens qui viennent apprendre la langue ou assister aux nombreux évènements culturels.
Miles y passe de nombreuses heures, plongé dans les bandes-dessinées; nous renouons avec la presse française pour constater avec un peu de peine l’atmosphère métropolitaine moribonde qui s’en dégage. A mille lieues du calme rayonnant de l’Institut et de ce sentiment – sentiment que nous retrouvons de nos longs séjours respectifs à l’étranger – d’appartenance à une culture francophone encore vivace et positive.
Douce France. 
Comme ce réveil à quatre heures du matin pour découvrir – alors que nous n’y croyions pas – une équipe de France qui réalise l’improbable. Et cette amende honorable devant Miles au petit-déjeuner. Ne jamais cesser de croire en son pays.

 

La balade de l’éléphant :

 

That Luang style

That Luang style

Vientiane, la capitale laotienne, a des allures de ville de province. Relativement peu étendue, moins d’un million d’habitants. Pourtant, elle tranche radicalement avec ce que nous avons vu jusqu’ici du Laos. Immenses chantiers, centres commerciaux et berlines allemandes, on sent une cité en mutation. Le tout avec l’étonnante décontraction laotienne, celle qui nous accompagne depuis quelques semaines, et une touche de francophilie. Les bistrots et boulangeries sont nombreux et il n’est pas rare qu’on s’adresse à nous en français.

That Luang

 

That Luang

Nous arrivons tout juste pour le festival du Pha That Luang, temple bouddhiste, emblème national. Pour l’occasion, plusieurs centaines de moines viennent des quatre coins du Laos, mais aussi de Thaïlande et du Cambodge pour une cérémonie de trois jours.
Autour du stupa doré qui surplombe une colline, des dizaines de stands sont installés dans une sorte de foire géante où les vendeurs ambulants, mais aussi Pepsi, Samsung, Apple rivalisent de décibels pour faire passer leur message publicitaire. Des militaires armés jusqu’aux dents surveillent le tout d’un pas nonchalant. Vestiges anachroniques d’un des derniers régimes communistes qui assiste impuissant au déferlement consumériste de la mondialisation. Dans ce décor, les Laotiens sont nombreux à déambuler : des scènes hurlantes ont été dressées un peu partout sur l’esplanade. A la sortie de l’une d’entre elles, nous croisons par hasard les membres du groupe (Uluvus) que nous devons enregistrer le lendemain matin. Ils viennent de finir la balance pour le concert qu’ils donnent le soir même.

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Nous suivons Jérémy, le Frenchie du groupe, chez lui pour échapper au vacarme. On y rencontre Noussone, sa femme, et leurs deux enfants. Ils vivent à Vientiane depuis quelques années, tous deux soucieux de retrouver leurs origines familiales et de les transmettre à leurs deux fils. La mère de Jérémy est d’origine laotienne. Noussone a vécu jusqu’à cinq ans dans un camp de réfugiés en Thailande avant de venir s’installer en France avec sa famille.
Jérémy nous raconte l’histoire originale du groupe Uluvus (à prononcer You love us), composé d’expatriés comme lui. A l’origine un groupe de reprises. Puis, un jour, Chris, le chanteur australien s’est essayé à l’écriture en lao. Le résultat est assez étonnant, et Uluvus jouit d’un petit succès au Laos. Les trajectoires des uns et des autres ont fait que le groupe s’est disloqué entre l’Australie, la Thaïlande et la Suisse. Mais pas de fin malheureuse à la Beatles, ils se retrouvent de temps en temps pour quelques dates. Comme ce soir, pour le festival du Pha That Luang.

 

That Luang
Nous retrouvons donc Jérémy sur scène. Entre-temps, la foule s’est densifiée devant la scène sponsorisée par Beer Lao, la principale marque de bière locale. Le public est très jeune, les filles arborent appareils dentaires et serre-têtes lumineux. Les garçons nous servent des bières tirées de pyramides de canettes. Miles, hissé sur les épaules de Fred, se prête à une séance photos devant les téléphones portable dernier cri des adolescents. On se trémousse sur une reprise par un groupe lao de Gangnma Style, on reprend en chœur les refrains d’Uluvus, le tout dans une ambiance, toujours assourdissante, généreusement alcoolisée de Beer Lao. Mais bon enfant.

Nous retrouvons les membres d’Uluvus au petit-déjeuner du lendemain matin. Les lunettes de soleil sont de rigueur, malgré le ciel couvert; la voix de Chris, encore un peu enrouée du concert de la veille. Au bord du Mékong, les garçons enfilent le t-shirt controversé apporté par Tom, le Britannique. Tim, l’autre Australien de la bande, porte la flûte traditionnelle, le khene, tandis que Chris s’assoit sur un scooter garé le long de la rive, complétant parfaitement le décor improbable de cet enregistrement (à écouter dans quelques jours sur www.deezer.com/app/alittlemusicworldtour).

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Five Hundred Miles

Five Hundred Miles

Dès notre arrivée, Luang Prabang nous invite au rythme pacifique des novices et des moines bouddhistes qui arpentent ses rues aux mille wats. La ville est une petite perle nichée entre le coude du Mékong avec la rivière Khan.

 

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Bien sûr, on y croise de nombreux touristes, en majorité français, comme ceux rencontrés au pied du stupa Phusi qui surplombe la ville. Nous nous amusons à écouter les commentaires, parfois cocasses, de nos compatriotes, en attendant que le soleil disparaisse au-dessus du Mékong, avant l’explosion de clichés numériques de 17h 35. Nous sommes parmi au moins cent-cinquante touristes venus immortaliser l’instant. Évidemment, nous avons tous suivi les mêmes conseils des mêmes guides touristiques.

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Cela étant, le retour au tourisme massif n’enlève en rien au charme de la ville où nous retrouvons, le temps d’une semaine, des semblants de vie sédentaire.
Miles est autorisé à emprunter des livres à la bibliothèque de l’Institut Français et s’offre des séances orgiaques de lecture de bandes-dessinées.

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Le soir, nous retrouvons traditionnellement – et avec grand plaisir – les gnous (Cf. Thaïlande, village du monde), retrouvés au bout de quelques jours. Nous avons nos adresses de meilleure pâtisserie, meilleur café, meilleure crêpe ou meilleure baguette. S’il y a bien un domaine où la présence française semble avoir laissé des traces, c’est bien celui de l’art culinaire.

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Notre semaine se déroule donc au rythme tranquille des balades en bicyclette dans les villages alentours, des baignades dans les eaux turquoise des cascades, des traversées en barque du Mékong et des des tartelettes au citron. Il nous ferait presque oublier notre quête de musiciens. Car, au fil des jours, nous constatons la difficulté à les trouver. Pas de musique de rue, hormis un violon grinçant sur le marché de nuit. Nous apprenons qu’elle n’est pas autorisée, sans en connaître les motifs, le régime communiste laotien semble bien plus permissif que celui de son voisin chinois. Et puis, surtout, le Laos, petit pays enclavé, est arrosé par le marché musical de sa grande sœur thaï. Ici, on écoute des chansons pop acidulées, les mêmes que nous entendions à Bangkok.

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Nous nous apprêtons à rejoindre Vientiane bredouille, lorsqu’au hasard d’une balade à vélo et d’un chemin de traverse dans les faubourgs de Luang Prabang que nous découvrons la Music for everyone School,  Nous sommes reçus par Max, son directeur. L’association accueille toute la semaine plusieurs dizaines de jeunes des alentours, enfants et adolescents, met à leur disposition des instruments, guitares, batteries et claviers. Des bénévoles animent des cours collectifs. Le tout gratuitement.
Dans le pavillon lao, des accords de ukulélé croisent les répétitions de batterie. Quelques élèves ont accepté de jouer des morceaux pour nous. Les voix sont timides, les accords encore imprécis, mais l’enthousiasme est communicatif.

 

 

 
Comme depuis le début de notre voyage, nous constatons que la vie sédentaire ne nous convient qu’un temps. La route nous appelle, nous visons la capitale Vientiane, puis le sud.
Five Hundred Miles.
Away from home.
 

Au milieu coule une rivière

Au milieu coule une rivière

Nous passons la frontière septentrionale de la Thaïlande à bord d’une pirogue. Traversée mythique du Mékong, large bande brune, qui parcourt le Laos du nord au sud.
De l’autre côté de la rive, changement radical d’ambiance. Nous quittons l’autoroute du tourisme pour une nationale. Avec ses charmes et ses aléas.
Les distances ont beau être courtes sur le papier, nous comprenons rapidement, tandis que nous nous enfonçons sur les routes sinueuses du nord du pays, qu’il faut oublier nos repères temporels. Ici, cent kilomètres se parcourent en quatre heures, au milieu des laotiens qui se tassent à l’arrière du bus pour laisser un semblant de confort aux touristes occidentaux. Les routes sont parfois bonnes, souvent mauvaises, le chauffeur distribue élégamment des petits sacs en plastique aux passagers avant de débuter le trajet. Difficile dès lors d’apprécier pleinement la beauté des décors, succession de crêtes habillées d’une jungle dense et vierge de toute présence humaine, hormis quelques villages isolés.
Les trajets sont de véritables aventures, au cours desquelles la proximité subie nous laisse le sentiment de partager un moment de vie avec nos compagnons d’infortune.

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Entre voyageurs, on lie facilement conversation pour commenter ou essayer de comprendre les spécificités du transport routier. Comme cet arrêt au milieu de nulle part à attendre un autre bus dans lequel nous devrons, sans plus d’explications, tous monter pour terminer les vingt minutes de trajet. Ou cette matinée à attendre le bus de huit heures qui ne partira qu’à midi, afin de le remplir de suffisamment de passagers.
Hasard ou coïncidence, nous ne rencontrons presque que des voyageurs au long cours. Faire un tour du monde relève visiblement, dans l’espace-temps laotien, de la banalité. Nous retrouvons Anke et Laurent à la frontière. Nous rencontrons Dave, le britannique, puis le revoyons quelques heures plus tard après l’avoir laissé à l’arrêt de bus de Luang Namtha. Il semblerait qu’entre-temps il ait fait connaissance de tous les autres touristes de la ville qu’il appelle tous par leurs prénoms et invite rejoindre notre table. Nous faisons un bout de chemin avec Maryline et David, partis un mois après nous, puis les perdons de vue au village de Nong Khiew. Nous croisons la route de Paul, dépassé en bus le matin sur son vélo couché, puis retrouvé dans l’unique artère de Oudomxai, carrefour sans âme des routes du nord. Il est parti il y a sept mois de Lyon, en vélo, et projette d’arriver au Pérou dans un an et demi. Nous parlons à Julie et Guillaume qui, leurs études terminées, ont pris leur sac à dos pour faire le tour du monde dont ils rêvaient depuis trois ans.

Enfants Laos
Au milieu de tous ces profils de voyageurs, Miles apporte une petite touche exotique. Nous nous en apercevons dans les villages que nous traversons. A quelques kilomètres de Nong Khiew, après avoir suivi sur plusieurs kilomètres un chemin de terre, un groupe d’enfant surgit de nulle part, nous apportant des fleurs et des oranges cueillies au bord de la route. Nous jouons avec eux au bord de la rivière, les regardant avec envie se jeter dans l’eau. Dans le village, un paysan se propose de nous faire visiter l’école. Il voudrait nous raccompagner en bateau jusqu’à notre village; nous refusons, nous avons laissé nos vélos au bord de la route.

Miles Laos

 

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Car nous nous laissons porter par cette tranquillité laotienne, celle décrite par les guides et tous ceux que nous rencontrons.
Elle nous porte encore le long de la rivière Nam-Ou que nous suivons dans une barque au milieu de décors spectaculaires, au fil des rapides, avant de retrouver le Mékong, toujours aussi brun et large, et la ville de Luang Prabang, prochaine étape de notre voyage laotien.