Cambodge

Que reste-t-il ?

Que reste-t-il ?

Angkor était une promesse à l’enfance. Un souvenir un peu exalté de La Voie royale de Malraux, la vision romantique d’un monde oublié surgissant au milieu de la jungle, chaleur étouffante, cris d’animaux sauvages, l’espoir qu’on puisse encore découvrir des régions inexplorées. Et un passage obligé, donc, dans notre tour du monde.
A notre arrivée, nous retrouvons Maryse, la mère de Peggy, venue nous rejoindre pour une semaine.
Le camp de base, bungalows khmers et piscine de rigueur, est le point de départ de nos excursions et le lieu paisible de retrouvailles avant de partir à l’assaut des temples.

Ici, pas de machette pour se frayer un chemin, pas de boussole. L’aventure au XXIème siècle a pris d’autres atours. Celui des tuk-tuks qui se font dépasser par des bus déversant leurs flots de passagers sur les vieilles pierres. Et les armées de smartphones, caméras, appareils photos et tablettes en tout genre. On photographie sans distinction, poses langoureuses devant les arbres qui émergent des pierres. Les guides officiels abreuvent leur public d’anecdotes qu’on écoute d’une oreille distraite. Seule la preuve numérique fait foi. L’important, c’est d’avoir été, pas nécessairement d’avoir apprécié.
L’exploration s’apparente donc plus à un jeu du chat et de la souris afin d’éviter les heures de pointe.

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Pour visiter Angkor Wat, nous nous levons à l’aube, remontant à contre-courant le flot des touristes qui reviennent du lever de soleil. L’herbe à l’endroit de la prise de vue, la plus connue du temple, a disparu sous les piétinements des photographes. Nous avons deux heures devant nous, le temps du petit-déjeuner des tour-opérateurs, pour découvrir la finesse des bas –reliefs et des devatas (divinités, gardiennes des sanctuaires) qui nous sourient du haut des tours.

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Et puis, la fin de journée arrivant, les bus repartent vers Siem Reap, la ville voisine. La chaleur baisse, le soleil rasant baigne la forêt d’une douceur rousse, un temple apparaît au détour d’un chemin solitaire. On entend des cris d’oiseaux invisibles. Des racines ont fendu la pierre pour se frayer un chemin d’arbre vers le ciel. Les visages énigmatiques du Bayon nous narguent depuis leur poste d’observation. La beauté est encore là, quelques relents de mystère, et le sentiment de ne pas avoir complètement trahi le souvenir d’enfance.
Siem Reap laisse cependant une note mi-douce, mi-amère, pour terminer notre séjour au Cambodge.
Ilôt du tourisme, coupé des réalités, notamment celle de Phnom Penh où des ouvriers du textile se font tirer dessus par la police lors de manifestations en faveur de salaires plus élevés. Ici, autour du jour de l’an, l’industrie du tourisme bat son plein. Le soir du réveillon, les rues sont pleines des touristes mêlés à la jeunesse dorée cambodgienne qui arrive à grand renfort de scooters et de litres de bière. Les hôtels, allant de la modeste guest house au resort de luxe, affichent complets. On paie à prix d’or les entrées sur le site, les chauffeurs de tuk-tuk, les guides, sans vraiment pouvoir suivre à qui bénéficie dans le fond cette économie.

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Comme cette visite des villages flottants du lac Tonle Sap, à une trentaine de kilomètres de là. Des barques embarquent les touristes, les mêmes que ceux des temples, pour une vingtaine de dollars et défilent devant les maisons sur pilotis, devant lesquels les enfants guettent, à bord d’autres barques ou embarcations de fortune. Nous suivons un bateau de touristes coréens. Une femme a sur ses genoux une caisse remplie de paquets de chips qu’elle lance en direction des gamins qui se précipitent pour les attraper. Nous sommes au cœur d’un zoo humain dont nous nous échappons, Miles à la barre du bateau.

A Siem Reap, rares sont les hôtels qui ne proposent pas la visite de « leur » hôpital ou de « leur » école d’enfants déshérités. Les ONG sont légion, avec quelques pépites, comme le cirque Phare, qui soutient par ses spectacles d’acrobaties les enseignements de musique et d’art dans une école de Battambang. Mais, elles laissent entrevoir un autre pan du tourisme qui appelle à la compassion des touristes de passage. Leur nombre, leur qualité inégale traduisent surtout la difficulté des gouvernants à répondre aux besoins élémentaires de sa population.
Image déformée d’un pays paradoxal, en pleine explosion économique, mais aux écarts de niveau de vie troublants. Une démocratie encore muselée par un gouvernement qui opprime la volonté de changement. Le tout sous le spectre d’une histoire récente violente, et toujours douloureusement présente.

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De ces impressions contradictoires, nous gardons finalement les sourires des enfants de l’école Sophy de Pursat comme un moment de grâce et de vérité sur le pays.
L’enfance est loin, ses illusions aussi peut-être, mais depuis quelques jours, la douceur de la chanson de Trenet résonne étrangement. Nous avions rencontré Jason Ovelha un après-midi d’été sur les quais de scène à Paris. Caresse du vent dans les arbres, bateaux-mouches comme toile de fond d’une carte postale acidulée pour une année que nous vous souhaitons aussi douce que cette chanson.

 

White Christmas

White Christmas

Noël est arrivé sans prévenir, au bout de près de quatre mois de voyage. Quelques sapins artificiels posés çà et là à l’entrée d’un hôtel ou d’une station-service, des enfants aux bonnets rouges synthétiques de Père-Noël. Mais, voilà tout. Au pays des temples khmers, Noël est une incongruité, et le quotidien continue de se dérouler paisiblement.

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Pour parer à l’éventuel coup de blues de fin d’année, en voyant les amis et les familles se retrouver, on ruse. Depuis le calendrier de l’avent, au choix de l’étape du vingt-quatre décembre, on essaie d’établir un semblant de tradition. Puis, on constate avec surprise qu’on est déjà fin décembre. On n’a pas de cadeaux, on ne sait pas ce qu’on va manger au réveillon, mais, cette année, ce n’est pas grave.

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A Kep, station balnéaire au bord du Golfe de Thaïlande, on retrouve la mer, perdue depuis Bali ; le soleil, éclipsé par la pluie de Pursat. Et puis, nos amis les Gnous, égarés à Luang Prabang. Les retrouvailles sont joyeuses, agrémentées d’autres voyageurs rencontrés au gré de nos pérégrinations respectives. Barbara et Alexandre (Albatoor), Amandine et Joffrey. Nous embarquons tous pour l’île aux lapins pour une journée de baignades, de balade et de siestes dans les hamacs.

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Le soir du vingt-quatre, on se retrouve au bord de la piscine de l’hôtel de Joffrey et Amandine, tenu par un couple de Français. Appâtés par le menu au foie gras et au fromage de Normandie. Nous avons sorti le meilleur de nos garde-robes, nous redécouvrons le goût du vin, oublié depuis notre départ. Le soleil se couche, quelques lanternes s’envolent dans le ciel limpide d’étoiles.

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Puis, un arbre du voyageur transformé en éphémère sapin. Les cadeaux sont modestes, en taille et en nombre, il faut encore pouvoir fermer les sacs. Mais l’essentiel n’est pas là. Du moins, il faut essayer de les fermer pour finir de s’en convaincre.
A tous, un joyeux Noël sans neige, mais tout aussi blanc que le nôtre.

Don’t worry…

Don’t worry…

Depuis Phnom Penh, nous rejoignons Pursat, à deux-cents kilomètres, où nous allons passer une semaine. Comme pour l’Inde, c’est l’association Partage  qui nous a ouvert les portes de l’organisation cambodgienne Bandos Komar. Nous sommes d’ailleurs accompagnés d’un couple de Vichy et de leurs amis, venus rendre visite à leur filleule, élève d’une des écoles soutenues.
Située dans une région frontalière de la Thaïlande, Pursat est une artère passante, articulée autour d’un marché et de la rivière qui a donné son nom à la ville. Une rapide promenade à notre arrivée, sous une chaleur écrasante, nous fournit un aperçu assez large de la ville. L’orage finit par éclater, nous échouons dans un restaurant karaoké où un homme assis nonchalamment face à un DVD projeté sur grand écran, égraine des chansons d’amour sirupeuses. Difficile de faire son choix sur le menu, composé, entre autres d’œufs de fourmi, de grenouilles grillées et de pénis de taureau, devant des serveuses médusées. Elles ne comprennent que quelques mots d’anglais. Soirée de vague-à-l’âme, ils sont suffisamment rares pour qu’on puisse de temps en temps se permettre de les citer. La semaine s’annonce morne.

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A vrai dire, les sorties de route et les incursions dans le quotidien ordinaire d’un pays ne sont-ils pas l’essence de notre voyage ? Chaque passage dans une école s’accompagne de son lot d’incertitudes, de cette nécessité à recomposer face à des contraintes à chaque fois différentes. A l’image de cette route que nous empruntons le lendemain. La piste de terre battue est détrempée par l’orage violent de la veille. Les camions embourbés bloquent le passage, obligeant le chauffeur du 4×4 à chercher d’autres chemins pour la contourner. Il nous faudra près d’une heure et demie pour parcourir les quinze kilomètres qui séparent la ville de l’école. De part et d’autre de la piste, des buffles paissant au milieu des rizières, des champs de canne à sucre et des nappes de nénuphar recouvrant les plans d’eau.

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A l’arrivée, quelques élèves réunis autour d’instruments traditionnels nous réservent un accueil musical tonitruant. Ils sont quinze en tout à composer notre groupe de travail. A l’extérieur de la salle, les autres enfants se pressent dans l’entrebâillure de la porte et l’encadrement des fenêtres. Ils nous dévisagent, s’amusent des jeux que nous faisons faire à leurs camarades.


Il y a peu de mots pour décrire la magie de cette semaine passée avec eux. Au point de nous faire oublier les après-midis un peu mornes à attendre le lendemain matin. Malgré la difficulté à communiquer : les enfants ne parlent que le khmer, rendant indispensable la présence d’un interprète, Sokha, un professeur d’anglais de Pursat, dont les traductions et les qualités de pédagogue faciliteront largement notre tâche. Sans savoir au début comment résoudre l’équation impossible de la langue en si peu de temps, nous sommes portés par l’enthousiasme des enfants, qui nous attendent dès huit heures et demie dans la salle de classe, revenant même un jeudi, jour sans école.

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Dessinant à même le sol, laissant libre cours à l’imagination et nous donnant ainsi les clés pour contourner les obstacles linguistiques. En fin de compte, nous écrivons un court conte dans lequel le lapin, héros traditionnel des contes cambodgiens, vient en aide à la colombe française et réciproquement. Les instruments traditionnels illustrent les différents moments de l’histoire, à la manière de « Pierre et le loup ». Un court refrain en khmer introduit le conte. Lors de l’enregistrement, Miles nous étonne en proposant spontanément de lire la traduction française des textes rédigés par les enfants. Un moyen pour lui de se lier à eux, dans sa quête de compagnie de son âge.


Nous terminons la semaine par une balle aux prisonniers au milieu de la cour, sous les regards envieux de tous les autres enfants qui ont quitté leurs salles de classe pour venir nous voir jouer. Le jeu finit dans les larmes pour Miles, persuadé que son équipe a été volée. Et réconforté par notre petit groupe sur le banc de la salle de classe où il est allé s’isoler.
Be happy.

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Cambodia

Cambodia

Nous passons la frontière du Laos au Cambodge à pied, après que le car nous a arrêtés juste devant la barrière marquant la sortie du territoire laotien. Souvenir d’enfance de cette excitation mêlée à l’inquiétude, irrationnelle, de ne pas pouvoir passer. Mais les dollars drainés par le tourisme ont raison des douaniers cambodgiens qui se prennent au passage, nous ne savons pas pourquoi, une commission de deux dollars pour l’établissement du visa.

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Émerveillement d’enfant, cette fois, le même que celui de Miles aux côtés des dauphins du Mékong. Nous sommes à Kratie, un peu après la frontière, sur la route de Phnom Penh. Au début, on doute de les apercevoir. Puis, au fil de la dérive de la barque sur l’eau, on les découvre, gris, noirs, seuls ou en groupe, jouant à sauter à quelques mètres de nous.

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Le soir, à Kratie, nous retrouvons la douceur des couchers de soleil sur le Mékong. Quelques joueurs de saï (jeu d’adresse au pied avec un volant) investissent la promenade, tandis que la nuit tombe.

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La route vers Phnom Penh est difficile, dangereuse ; la conduite des chauffeurs de minibus tout autant. Nids de poule, tronçons de pistes jonchent le parcours transformant le parcours de deux-cents kilomètres en aventure de cinq heures.
Phnom Penh surgit enfin de la plaine. Au début, de simples faubourgs le long de la terre battue. Puis, la ville se densifie, les immeubles émergent, des flots de scooters attendent aux feux. Nous sommes assaillis par les « Tuk-Tuk ? » des chauffeurs.
Nous retrouvons pour la première fois depuis Bangkok le fourmillement des métropoles asiatiques.
Et aussi leurs paradoxes. Phnom Penh charme, autant qu’elle agace.

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Le jour, la vie respire par ses marchés saturés d’odeurs, de couleurs. Les touristes longent l’esplanade de la rivière, nourrissent les nuées de pigeons qui se massent devant le palais royal. On devine, en se perdant dans les rues, la splendeur passée de la « Perle d’Asie ». Il suffit de lever le regard au-dessus des trottoirs encombrés d’échoppes et d’enseignes pour apercevoir les façades des immeubles coloniaux et les scènes de vie qui se jouent sur les terrasses des étages.

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A la nuit tombée, la rue touristique de notre Guest House familiale se charge progressivement des filles en mini-shorts et hauts-talons qui attendent à l’entrée des bars leurs clients occidentaux. Les gamins des rues arpentent également les trottoirs, leurs regards ont perdu la flamme de l’enfance, ils passent de restaurant en restaurant dans l’espoir d’un dollar glané aux touristes. Le tout coexiste avec l’opulence qu’on devine derrière les vitres teintées des 4×4 de luxe que nous croisons.

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Lost in Cambodia. On fredonne les paroles de la chanson de Kim Wilde, bande sonore de ces scènes nocturnes au parfum capiteux des années 80.


Nous ressentons au Cambodge une violence sourde que nous avions oubliée au Laos. La croissance profite inégalement et nous redevenons, en tant qu’occidentaux, des proies toutes désignées. Il faut donc reprendre le pli de négocier.
Ce sentiment est sûrement renforcé par la forte impression que nous laisse la visite du centre S21, au cœur de la ville. L’ancien lycée a été transformé par les Khmers rouges en centre de torture par lequel sont passés près de 20 000 détenus. Ici, le souvenir est conservé à l’état brut. Les salles vides se succèdent, simplement illustrées par un lit en ferraille et des chaînes. L’exposition est ancienne, les photos de Pol Pot et de ses principaux complices ont été grattées à l’ongle jusqu’à disparaître. Un homme entretient la mémoire en aspergeant les barbelés qui recouvrent l’un des bâtiments d’anti-rouille. Dehors, la vie grouille, l’air de rien.

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Comme toujours, la rencontre des musiciens pour notre projet avec Deezer donne corps à un pays ou une ville. C’est encore vrai aujourd’hui, alors que nous filons en tuk-tuk vers un quartier excentré où des villas hollywoodiennes se succèdent sous les caméras de vidéo-surveillance.
Nous avons rendez-vous avec Laura Mam, une chanteuse américano-cambodgienne – on parle ici des Khmericans, actuellement au Cambodge pour une tournée. La maison appartient à sa tante qui vit en France, nous explique-t-elle au bord de la piscine. Laura fait partie de ces artistes issus de la diaspora khmère qui bénéficient aujourd’hui de l’émancipation de la musique vers d’autres genres, rock, rap, folk. Il règne sur la scène musicale un climat d’émulation très perceptible. Laura a du talent, nous nous en apercevons lorsqu’elle nous chante sa chanson khmère, dont les paroles ont été traduites de l’anglais par sa mère.

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Derrière le luxe de la villa, l’optimisme et l’enthousiasme très américains de Laura, se cache l’histoire douloureuse de sa famille. L’assassinat d’une partie d’entre elle par les Khmers rouges, la fuite de ses parents par la Thaïlande, les camps de réfugiés, puis l’asile en Californie où Laura est née. La première visite du Cambodge à l’âge de douze ans, le sentiment d’y reconnaître des racines, puis des études d’anthropologie à Berkeley où elle commence à apprendre le khmer, ses parents lui ayant toujours parlé anglais à la maison pour faciliter son intégration.
Laura est à l’aube d’une carrière de star au Cambodge, elle le sent certainement, mais garde une ouverture et une humilité qui laissent présager de sa longévité.
 

 

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L’autre rencontre, c’est celle de The Cambodian Space Project, la figure de proue du renouveau musical de la scène cambodgienne. Nous les avions d’ailleurs vu jouer à Bali et avions pris contact avec eux il y a plus de deux mois. Formation à géométrie variable, le groupe s’inspire des tubes de rock’n’roll de l’âge d’or cambodgien, celui qui a suivi l’indépendance et précédé le régime de Pol Pot.

 

The Cambodian Space Project, c’est surtout la personnalité et la voix incroyable de Chanthy, la chanteuse cambodgienne du groupe et son histoire.

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Issue d’une province rurale très pauvre, venue trouver fortune à Phnom Penh, enlevée par la mafia. Elle finit par s’échapper et trouve un emploi de chanteuse dans un restaurant karaoké où elle rencontre Julien, le guitariste australien avec lequel elle fonde le groupe. Depuis, celui-ci jouit d’une petite renommée, tourne un peu partout dans le monde. La tuk-tuk session qu’on devait tourner tombe à l’eau à cause d’une voix grippée, mais nous volons malgré tout une reprise en khmer au groupe, quelques heures avant le concert du soir dans un club de Phnom Penh.

La nuit est tombée, nous finissons la journée sur une terrasse à humer la fraîcheur en jouant au billard. La ville s’agite toujours en-dessous et on a, face à son intensité et sa crudité, une soudaine envie de campagne.